52 000 photos de l'étude révolutionnaire par piège photographique offrent le premier aperçu global du déclin des populations de mammifères

Des images prises sur trois continents et dans sept pays révèlent l’importance des zones protégées et d’une approche coordonnée à la conservation et à la diversité des mammifères

Arlington, VA — La première étude mondiale des mammifères par piège photographique, annoncée aujourd'hui par un groupe de scientifiques internationaux, a documenté 105 espèces en près de 52 000 images, prises dans sept zones protégées dans les Amériques, en Afrique et en Asie. Les photos prises au vif révèlent une étonnante variété d'animaux, d'une minuscule souris à l'énorme éléphant d'Afrique, en plus des gorilles, des cougars, des oryctéropes géants et, étonnamment, même des touristes et des braconniers. (Voir le lien des photos au bas du communiqué de presse)

L'analyse des données photographiques a permis aux scientifiques de confirmer une conclusion clé à laquelle n'était parvenue qu'une étude locale non coordonnée: la perte d'habitat et de petites réserves ont un impact direct et des effets néfastes sur la diversité et la survie des populations de mammifères. Ces répercussions sont vues à travers la réduction de la diversité des espèces et de la variété des tailles corporelles et des régimes alimentaires (les petits animaux et les insectivores sont les premiers à disparaître), entre autres. La reproduction de ces informations dans le temps et l'espace est cruciale pour comprendre les effets des menaces globales et régionales sur les mammifères forestiers et pour prévenir les extinctions avant qu'il ne soit trop tard.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans l'article «Community structure and diversity of tropical mammals: data from a global camera trap network» (Structure et diversité communautaires des mammifères tropicaux: données d'un réseau international de pièges photographiques), dans la revue Philosophical Transactions de la Société royale. Cette étude a été dirigée par le Dr. Jorge Ahumada, écologiste travaillant avec le réseau TEAM (Tropical Ecology Assessment and Monitoring) chez Conversation International. Les recherches réalisées dans des zones protégées au Brésil, au Costa Rica, en Indonésie, au Laos, à Suriname, en Tanzanie et en Ouganda font de ce projet non seulement la première étude mondiale des mammifères par piège photographique, mais également la plus importante étude par piège photographique de toute catégorie d'animaux (pas juste des mammifères).

Pour recueillir des données, 420 appareils photos ont été placés à travers le monde, avec 60 pièges photographiques installés dans chaque site à une densité d'un par deux kilomètres carrés pendant un mois dans chaque site. Après la prise des photos de 2008 à 2010, les scientifiques ont classé les animaux, entre autres, par espèce, taille corporelle et régime alimentaire. Ils ont découvert que les grandes zones protégées et les forêts continues tendent à présenter trois attributs similaires:

  • une grande diversité d'espèces
  • une grande variété de tailles d'animaux, notamment les populations de grands mammifères
  • une grande variété de régimes alimentaires parmi ces mammifères (insectivores, herbivores, carnivores et omnivores)

«Les résultats de cette étude sont importants dans la mesure où ils confirment ce que nous soupçonnions: la destruction de l'habitat affecte lentement mais sûrement la diversité des mammifères de la planète» a affirmé le Dr Ahumada. «Nous tirons deux principales conclusions de cette recherche. Tout d'abord, les zones protégées sont importantes: plus la forêt habitée est vaste, plus le nombre et la diversité des espèces, des tailles corporelles et des types de régimes alimentaires sont grandes. Deuxième, certains mammifères semblent plus vulnérables à la perte d'habitat que d'autres: les mammifères insectivores, comme les oryctéropes, les tatous et certains primats, sont les premiers à disparaître, alors que les autres groupes, comme les herbivores, semblent être moins sensibles».

Des sites étudiés, la Réserve naturelle du Suriname central a présenté le plus grand nombre d'espèces diversifiées (28) et la Zone nationale protégée de Nam Kading au Laos, le plus petit nombre (13). La taille corporelle des espèces photographiées a varié de 26g (souris-opossum de Linnaeu, Marmosa murina) à 3 940kg (éléphant d'Afrique, Loxodonta africana).

En révélant que près de 25 pour cent de toutes les espèces de mammifères sont menacées et en fournissant quelques informations quantitatives globales, cette étude vient combler, chez les scientifiques, un important fossé en permettant de connaître les effets des menaces locales, régionales et globales comme la chasse excessive, la conversion des terres à l'agriculture et le changement climatique sur les mammifères.

«Ce qui rend cette étude révolutionnaire sur le plan scientifique, c'est que nous avons créé pour la première fois, des informations cohérentes et comparables sur les mammifères à l'échelle globale, établissant ainsi une référence majeure pour suivre les évolutions. En utilisant cette méthodologie unique et standardisée dans les années à venir et en comparant les données recueillies, nous serons capables d'observer les tendances dans les communautés de mammifères et d'entreprendre des actions spécifiques et ciblées pour les sauver», a déclaré le Dr Ahumada, en ajoutant que 2 010 appareils photos ont été installés à de nouveaux endroits, ce qui élargit le réseau de surveillance à 17 sites (Panama, Equateur, un autre site au Brésil, deux sites au Pérou, Madagascar, Congo, Cameroun, Malaisie et Inde). «Sans une approche systématique et globale à la surveillance de ces animaux et sans un effort pour faire parvenir ces données aux décideurs, notre travail se limite à enregistrer leurs extinctions sans les sauver».

Les mammifères servent d'indicateurs de l'équilibre de l'écosystème et jouent des rôles importants dans la nature, qui en fin de compte sont bénéfiques pour les personnes, comme le contrôle de la croissance des plantes, le cycle des nutriments et la dispersion des graines. Par exemple, certains scientifiques avancent que la destruction des grands mammifères à travers la chasse excessive réduit la capacité des forêts à stocker le carbone, car ces animaux sont responsables de la dispersion de grosses graines riches en carbone. La réduction de la capacité de la forêt à stocker le carbone implique une diminution de la capacité des humains à alléger les effets du changement climatique.

«Nous espérons que ces données contribueront à améliorer la gestion des zones protégées et la conservation des mammifères à travers le monde, et à davantage accroître l'utilisation des études par piège photographique standardisé pour surveiller ces animaux extrêmement importants», a conclu le Dr Ahumada.

Le réseau TEAM est un partenariat entre la Conversation International, le Missouri Botanical Garden, la Smithsonian Institution et la Wildlife Conservation Society, et est partiellement financé par ces institutions et la Gordon and Betty Moore Foundation.

Les partenaires locaux de cette étude sont: Le Instituto Nacional de Pesquisas de Amazonia (INPA), la Conservation International Suriname, la Organization for Tropical Studies, le Museo Tridentino di Scienze Naturali et le Institute of Tropical Forest Conversation.

Faits saillants:

  • Les Amériques, Afrique et Asie
  • Sept sites:
    • Forêt impénétrable de Bwindi (Ouganda)
    • Parc national des montagnes d'Udzungwa (Tanzanie)
    • Parc national Bukit Barisan Selatan (Indonésie)
    • Zone nationale protégée de Nam Kading (RDP du Lao)
    • Réserve naturelle du Suriname central (Suriname)
    • Manaus (Brésil)
    • Transect du volcan Barva (Costa Rica)
  • 420 appareils photos utilisés
  • 60 appareils photos dans chaque site
  • 1 appareil photo tous les 2 kilomètres carrés
  • Les appareils photos ont été installés pendant un mois à chaque endroit
  • Calendrier des données analysées dans l'article: 2008-2010
  • Nombre de sites surveillés aujourd'hui: 17

###

Contenu mis à la disposition des médias (***les crédits images obligatoires sont indiqués sur chaque légende***)

Photos: http://www.smugmug.com/gallery/16284125_Z4sdC

Intégralité du papier: http://rstb.royalsocietypublishing.org/lookup/doi/10.1098/rstb.2011.0115

Toutes les données sont mises à la disposition du public à l'adresse: www.teamnetwork.org/en/data/query

Pour en savoir plus, consultez: www.conservation.org

Pour plus d'informations, contactez:

Patricia Yakabe Malentaqui
Responsable en charge des médias internationaux, Conservation International
Bureau +1 (703) 341-2471
mobile +1 (571) 225-8345
pmalentaqui@conservation.org

Kim McCabe
Directeur des médias, Conservation International
Bureau +1 (703) 341-2546
mobile +1 (202) 203-9927
kmccabe@conservation.org

Avis aux éditeurs:

Conservation International (CI) — S'appuyant sur une solide base de science, de partenariat et de démonstration sur le terrain, CI renforce les capacités des sociétés pour préserver de manière responsable et durable l'équilibre de la nature, la biodiversité mondiale, en vue du bien-être à long terme des personnes. Fondée en 1987, la CI est basée à Washington, DC et possède près de 900 employés travaillant dans plus de 30 pays répartis sur quatre continents et a plus de 1 000 partenaires à travers le monde. Pour plus d'informations, consultez www.conservation.org et suivez-nous sur Twitter: @ConservationOrg ou Facebook.

MEDIA CONTACT INFORMATION
Patricia Yakabe MalentaquiInternal Communications Director2011 Crystal DriveSuite 500Arlington, Virginia 22202pmalentaqui@conservation.org (703) 341-2471
RSS Feed